Emission radio. Live les Dimanches de 20h à 22h sur le 95 fm (RQC- radio locale Mouscron-Kortrijk- Lille Métropole).

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Pataugeage dans toutes les mares ! (Rock, Electro, Jazz, Hip-Hop, leurs dérivés connus, inconnus ou oubliés)

Tous les Canards vont à la Mare est une réalisation produite par Animation Média Picardie.

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dimanche 12 février 2017

Album de la Semaine : Shannon Wright - Division

Shannon Wright
Division



Interview de Shannon Wright, par Justine L'Habitant de Sensation Rock (2015)

SR : Ton dernier album In Film Sound est plus corsé, plus sombre peut-être même plus noise que les précédents. En général avec le temps les groupes s’assagissent, mais toi tu fais l’inverse. Pourquoi ?
Shannon Wright : Je ne sais pas trop.  J’écris, et sur le moment c’est très naturel pour moi. Ça se fait naturellement, par rapport à ce que je ressens à ce moment-là. Je pense que j’aime beaucoup explorer différentes facettes. Je ne saurais pas expliquer exactement comment je procède pour travailler, mais ce qu’il y a de sûr c’est que malgré leurs différences, tous mes albums sont connectés, il y a un fil rouge qui les lie.
SR : Comment sera ton prochain disque ?
Je n’en ai aucune idée. Si, [rire]  je suis en train d’y réfléchir. Ça commence à faire son chemin dans ma tête. Pour le moment je ne sais pas encore exactement ce que je jouerai ni même ce que je chanterai, même si j’ai déjà quelques pistes. J’ai besoin que cela mûrisse encore. J’attends que ça me coupe la respiration avant de commencer.
SR : L’un de mes amis qui est fan, joue de la batterie et a vraiment un faible pour le jeu de Kyle Crabtree (drum),  lui et Todd Cook seront de la partie ?
C’est marrant que tu me poses cette question, parce que figure-toi qu’ils – Kyle Crabtree et Todd Cook – m’ont demandé la même chose il y a tout juste une semaine. Ils voulaient savoir si j’allais les laisser jouer avec moi à nouveau. [Rire]  j’ai trouvé ça adorable : Ils ont essayé de tâter le terrain en me demandant timidement  «  alors heu… on peut jouer avec toi pour ton prochain album ? ». [Rire]   Et j’ai dit oui, parce qu’ils sont adorables et que j’adore travailler avec eux.
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SR : À chacun de tes concerts j’entends des gens dire qu’ils ont les larmes aux yeux ou même pleuré… tellement il y a d’émotions dans ton chant et ta musique. Comment ça se passe pour toi sur scène ? Tu donnes tout chaque soir comme si c’était le dernier ?
Oui. Je crois que le plus important pour moi pendant un live, c’est d’établir une connexion avec mon public. Mais je ne parle pas beaucoup, je ne fais pas d’interventions entre mes chansons quand je suis sur scène, parce que ça ne semble pas naturel. Je donne tellement de moi-même pendant un live que je crois que cela n’est pas nécessaire.
Je ne suis pas dans la démonstration. Je ne fais pas le show. J’essaie d’être sincère, de donner le meilleur de moi-même lors du concert. Bien sûr, chaque soir est différent, et le concert dépend beaucoup de ma relation avec le public, mais j’essaie de créer une relation qui soit le plus intimiste possible en étant moi tout simplement. Je délivre mon concert comme un don de moi, une performance à mon public et je suis heureuse lorsque je suis sur scène, de faire ce don de moi.
SR : Tous ceux qui t’ont vue sur scène en redemandent ! Malgré ça, on connait mal ton parcours en France, comment as-tu commencé dans le monde de la musique ?
J’ai commencé à jouer dans un groupe, mais très vite nous nous sommes séparés. A ce moment-là j’ai failli arrêter la musique par ce que je n’aimais pas du tout le milieu, le côté « business » de l’industrie musicale.  Et puis je me suis mise à rejouer pour ma famille et mes amis. Et ils ont été très encourageants avec moi. Ils m’ont dit «  tu ne devrais pas arrêter la musique, tu devrais faire un album solo ».
Et c’est à ce moment-là que Touch and Go, un label américain indépendant très respectueux des artistes – qui a d’ailleurs signé des groupes incroyables – ont accepté de produire mon album solo. J’ai été très touchée et ça m’a donné le courage de lancer ma carrière.
Quant à ma carrière en France, j’ai commencé en faisant la première partie de Calexico. Et un soir, dans un club alors que je terminais de jouer, un représentant du label Vicious Circles est venu me trouver en me disant qu’il voulait absolument travailler avec moi. Ce qui m’a beaucoup touché. Et c’est la raison pour laquelle je travaille avec ce label-là en France.
SR : Tu tournes seule parfois ;  en l’occurrence ce soir ; est-ce que tu aimes l’expérience du live en solo et pourquoi ?
J’aime vraiment explorer les différentes possibilités qu’offre le live dans sa diversité : jouer en solo, en groupe, c’est à chaque fois une expérience que j’apprécie. Ce que j’aime lorsque je  joue en solo, c’est que c’est plus intimiste, mais j’adore également jouer en groupe, avec une batterie  parce que c’est plus rock’n roll. J’adore jouer du piano et de la guitare… En fait j’aime vraiment les deux, c’est indissociable pour moi : j’aime tous les aspects la musique.
SR : Est-ce que tu vis de la musique ?
Certaines années, c’est plus difficile. La musique, ce n’est pas un bon gagne-pain. [Rire] Je fais ce métier par amour de la musique. Mais ce n’est pas un milieu facile.
SR : Que penses-tu de la jeune génération du rock indépendant ? Est-ce que pour toi il y a des groupes qui prennent le relais ou à ton avis le rock va-t-il devenir une musique de vieux ? 
Non, je ne pense pas que le rock va disparaitre ou même devenir un truc de vieux. C’est tellement important, tellement essentiel. Peut-être pas pour tout le monde, mais particulièrement pour les jeunes, parce que le rock et la musique en général, permet d’être plus ouvert aux choses ; d’identifier, de comprendre et d’exprimer ce qu’on ressent. Notamment la colère et la tristesse. Et ça permet de grandir. Donc non, je suis persuadée que le rock ne s’éteindra pas.
SR : On te compare souvent à Pj Harvey. Peut-être parce que comme elle tu es une femme reconnue mondialement dans le monde du rock indépendant. Mais ne trouves-tu pas que ton style se rapproche plus de celui de la chanteuse/bassiste française Laetitia Sheriff ?
Oui, il s’avère que Laetitia Sheriff est une très bonne amie à moi. Elle a fait ma première partie en France lors d’une de mes tournées. J’ai même été sa batteuse fut un temps. Je l’ai d’ailleurs revue il y a quelques semaines. Je l’apprécie beaucoup. Et, effectivement je trouve que ce que fais PJ Harvey est très bien, mais que c’est un peu facile de nous comparer simplement parce que nous sommes des femmes et que nous faisons de la musique. Ça ne se résume pas à ça. [Rire]
SR : c’est en tant que musicienne toi-même, quelle est, selon toi,  la place occupée/laissée  pour les femmes dans le monde du rock aujourd’hui ? Est-ce que c’est plus dur pour une femme de faire de la musique aujourd’hui ?
Je ne pense pas que ce soit plus difficile de nos jours qu’auparavant. C’est un sujet compliqué pour moi. Par exemple je n’aime pas les festivals spécifiquement féminins, je trouve que c’est ostracisant. Ce que je souhaite c’est d’être considérée et respectée comme musicienne et non juste femme. De plus, je ne cherche pas à séduire sur scène, mais plutôt à être honnête et performante. Je n’adhère à cette idée que le rock est réservé aux hommes, ou qu’il faille mettre les femmes qui en font dans une case. J’exprime mon  féminisme en tant que musicienne en tentant de rester vraie, et authentique.
SR : Qu’est-ce qui tourne sur ta platine en ce moment ?
Ça dépend beaucoup de mon humeur. Je peux écouter du Schubert comme j’écoute le Groupe français Air. J’aime beaucoup aussi le groupe de hard rock Lightning bolt.


Label :
Vicious Circle

Tracklist :
01 – Division
02 – The Thirst
03 – Wayward
04 – Accidental
05 – Seemingly
06 – Soft Noise
07 – Iodine
08 – Lighthouse (Drag Us In)





dimanche 5 février 2017

Album de la Semaine : Moon Duo - Occult Architecture

Moon Duo
Occult Architecture



Interview de Moon Duo, par Aquarium Drunkard

Aquarium Drunkard: I really like Occult Architecture Vol. 1. What led you to divide this record into two halves? It might be a little reductionist to say one half represents a dark side and one a light side, but was that sort of the idea?
Ripley Johnson: Yeah. We had a lot of material, so it just sort of made sense to organize it that way. When we were making the record, the seasons were changing. We started in the winter and then we went into the summer. It was just sort of a natural way to organize the material. We didn’t want to do a double album, so it’s two separate albums, but they’re linked together. We wanted to create separation, because a double album is just a whole different beast. We didn’t want the record to be this giant release that people had to really commit to digesting. We wanted each half to stand on its own.

AD: As a band, you’re not afraid of asking for a little commitment in terms of your material. Why did didn’t you want to ask somebody to sit down to a double album?
Ripley Johnson: Part of it is that I think the double album has to be organized in a specific way so that it makes sense. We think about our records as records, as in vinyl. We think about side one and side two. I have a hard time with [buying] a new record and it’s clearly sequenced for CD or for digital and then dumped to vinyl and it doesn’t make any sense. It’s two or three records which don’t flow. But the classic double albums that are a lot of material to digest, they make sense in a certain way. Exile on Main St., Royal Trux’s Twin Infinitives, Physical Graffiti…they make sense and this was not gonna work that way.
Sanae Yamada: When we were developing the material and recording we kinda just realized we had these two different bodies of work, that we were making two records, but they were also part of the same larger pairing. Like twins or Something.

AD: At what point in the creative process did that idea occur to you guys?
Sanae Yamada: It was reasonably early on when…it just sort of became clear that we had a bunch of songs that kind of hung together in a heavier way. Then there were other songs that definitely felt like outliers to that. They had a different energy to them.
Ripley Johnson: The dark/light thing became apparent right away. That was conscious, and we wanted to do a darker record. When you do that, and you go through that process, it feels unbalanced in some way. Maybe if you’re a goth band or something that’s just your natural sort of mode, but we wanted to do something to balance it out. Almost to relieve ourselves in some way.

AD: There’s a conscious darkness to it to Volume 1, but it’s also super fun. “Creepin’” is a really a blast of a song. Do you guys sort of find that that’s a part of the appeal of darker aesthetics as well, that there’s sort of a thrilling, irreverent element to them?
Sanae Yamada: Sure. I don’t think we’re talking about darkness necessarily in terms of morbidity. We’re evoking subterranean atmospheres –- enclosed spaces and cave-like environments.
Ripley Johnson: We’ve been in Portland for about four years now but we lived in San Francisco for a long time before that. There’s no seasons there. There’s August, which is winter, and the rest is the same. So we really liked the seasons up here. We liked the winter — it’s dark, but it’s nice. We enjoy it. So there is a pleasure in the darkness. It’s not like, like Sanae said, a morbid thing. It’s another experience to explore. We’re not trying to sound “grim.”

AD: How does the occult play into these songs? There are references throughout — “Cult of Moloch,” “Will of the Devil” — but I get the sense the attraction is deeper than that.
Ripley Johnson: Yeah, it’s not like Satanism or anything like that. [That element] came about from just reading about different occult things, and just being sort of in that zone while we were working on the record. But yeah it’s more like a Nathaniel Hawthorne Young Goodman Brown vibe. The old religions, the idea of things that you can’t explain. It came from reading about that kind of stuff and being interested in that aspect of the time where people were trying to understand nature and they couldn’t, so they would just sort of make up things to sort of try to clarify what was going on in the world.
Sanae Yamada: I think a lot of the occult philosophy and hermetic philosophy and science [is driven by] trying to understand to reality from a very holistic point of view. Examining things in nature, examining patterns. In hermetic medicine…there was this whole idea of the unseen body that surrounds the physical body. In all of this are these central contrasts, opposites needing each other in order to exist. That kind of played into our playing with the idea of the dark album and the light album. These two entities balance each other, but that are also different from each other and they have a connection to natural cycles.


Line Up :
Ripley Johnson
Sanae Yamada
John Jeffrey

Label :
Sacred Bones Records

Tracklist :
01 – The Death Set
02 – Cold Fear
03 – Creepin’
04 – Cross-Town Fade
05 – Cult of Moloch
06 – Will of the Devil
07 – White Rose




dimanche 22 janvier 2017

Top Album 2016 selon Rico

# 1 |Maman KüstersSous la peau de Maman Küsters (Unknown Pleasures Records)



Les maux soignés par Maman Küsters, à coups d'amphétamines et d'analségiques, laissent des stigmates sous la peau. L'armure est poreuse par endroit, et les beats façon 80's sy infiltrent sans retenue. Le duo Brestois revivalise (sic) 35 ans de musique électronique, souvent industrielle, souvent prescrite à grands coups de déclamations que n'auraient pas reniées un Alain Bashung ou un Daniel Darc. Palme d'or de la Grande Claque nostalgique dans la Gueule 2016. Mortifère et addictif comme il se doit.


# 2 |David Bowie – Black Star (Iso)


Black Star ou la somme artistique absolue d' un homme doté d'un flair remarquable. Doué pour qu'on le considère comme un précurseur alors qu'il a défriché sans cesse les musiques. Envoûtant et attachant.

# 3 |Swans – The Glowing man (Young Gods Records)


Lorsque tout est dit pour les Swans, To be Kind, le cygne déploie ses ailes avec envergure jusqu'à s'envoler vers une nouvelle vie. Requiem jusqu'auboutiste d'artistes d'exception.




# 4 |Mütterlein – Orphans of the Black sun







# 5 |Baby Fire – Gold












# 6 |Farflung – 5











# 7 |Dernière Transmission – s/t









# 8 |Unik Ubik – Maximum Axis










# 9 |Kokomo – Monochrome love noise











# 10 |Pixies – Head Carrier

Top Album 2016 Maud

1. Muscle & Marrow - Love
The Flenser, 2016




2. Mütterlein - Orphans of the Black Sun
Sundust, 2016





3. White Night Ghosts - Exorcism Party
Cranes, 2016




4. Kokomo - Monochrome Noise Love
Dunk, 2016




5. Emma Ruth Rundle - Marked For Death
Sargent House, 2016




6. VvvV - VvvV
A Tant Rêver du Roi, 2016




7. Tindersticks - The Waiting Room
City Slang, 2016




8. True Widow - Avvolgere
Relapse, 2016





9. Duchess Says - Sciences Nouvelles
Bonsound, 2016




10. Nick Cave & The Bad Seeds - Skeleton Tree
Bad Seed Ltd., 2016












dimanche 27 novembre 2016

Album de la Semaine : VvvV - VvvV

VvvV
VvvV



Interview de VvvV, par Nico Pulcrano de Noisey


Noisey: Je vous propose de commencer en réagissant à ce webzine bordelais qui a tenté de faire un compte-rendu de votre participation au festival Bordeaux Rock en écrivant, je cite, « violents, dansants et électroniques, on pourrait définir VVVV dans la même veine que les Atari Teenage Riot, la féminité en moins » ?Bardou Jacquet: Peut être que la fille qui a écrit le papier avait pris de l'ecstasy ? Donc elle était à donf et a perçu notre musique comme un gros truc digital hardcore, genre hard tech avec un chant punk.Mage: Après, si on donne l'impression de dégager une certaine violence, moi je suis content.Bardou Jaquet: Si ça se trouve, par rapport au disque, ce qu'on fait en live c'est hyper violent ? On ne se rend pas compte.
Est-ce que vos potes font de vannes avec votre nom, en inventant des sigles stupides, genre « Vivement Vendredi au Village Vacances » ?
BJ
: On m'avait sorti un truc avec Valses de Vienne, mais je ne me souviens plus des deux autres V.Mage: En tout cas je ne sais toujours pas quelle est la signification du nom du groupe.BJ: Il n'y en a pas. C'est avant tout un choix graphique. Et puis ça évoque la science-fiction. Pour un projet électronique, ça va bien. Ça fait aussi un peu scientifique.Mage: Ça fait un peu comme un oscillateur à ondes triangulaires, tout à fait.
Dans le clip de « Jungle Life », tourné avec un singe, on voit sur un gros plan que vous avez indiqué au marqueur les noms des notes sur les touches. Vous ne maîtrisez pas vos claviers ?
BJ: Ah mais non, c'est le singe. Les singes ne connaissent pas le solfège. Il a fallu un peu l'aiguiller. C'est d'ailleurs ce qui a pris le plus de temps. Une vraie galère.
Bon. Vous savez ce qu'on appelle « la carre » dans le Sud Ouest ?
BJ: La carrure ?
C'est ça, la dimension d'épaule suffisante pour faire le job. Vous sentez vous la carre d'être les ambassadeurs de Bordeaux le temps de quelques questions ?
Mage: Quand même, merde.BJ: On est les vieux de la vieille, comme on dit. Ça fait longtemps qu'on y est dans cette scène bordelaise. On en est jamais vraiment sortis, d'ailleurs.
Vous avez connu le club Le Jimmy ?
BJ: Oh oui !Mage: Ah oui !
Vous en avez quelques souvenirs marquants ?
BJ: Des tonnes. Un concert de Jon Spencer Blues Explosion, hallucinant. Neurosis, aussi. Sans oublier Jean-Louis Costes. L'Opéra du Caca, notamment. J'avais beaucoup apprécié. On devait être une trentaine, tous cachés au fond de la salle, pendant qu'il balançait une espèce de liquide marronnasse. C'était génial.Mage : Turbonegro, c'était incroyable. Immortal ou Impaled Nazarene, c'était fou. LTNO, aussi.
En blind test, vous pourriez faire la différence entre Bengale et Pendentif ?
BJ: Dans Pendentif, c'est une meuf qui chante, alors que dans Bengale, c'est un mec, il me semble, euh...Mage : Pas toujours. Je crois qu'ils sont deux. Bon, je crois que je n'ai jamais entendu Bengale en fait.
Vous êtes vous intéressés au retour de Bertrand Cantat ?Mage: Ouh merde.BJ: C'est à dire ?
C'est à dire que vous savez qu'il a été absent, ces derniers temps, puis qu'il est en quelque sorte revenu sur les devants de la scène ?
BJ: Moi je ne l'avais pas vraiment perdu de vu, dans la mesure où on est du même quartier et que je le croise régulièrement au Simply Market, genre au rayon des saucisses.
La question était plus d'ordre artistique.
Mage: Il y a toujours ce chauvinisme bordelais, même si on s'en défend. C'est quand même une fierté d'avoir eu Noir Désir. Ils ont fait des disques chouettes.BJ: C'était un des rares groupes français à avoir eu des influences comme le Gun Club, à leurs débuts. Après, le retour de Cantat, on s'en carre un peu, hein.
Le fait que tu chantes aussi en espagnol, c'est une influence de Noir Désir, non ? Pour sonner un chouïa comme le refrain de « Tostaky »?
BJ: Alors déjà, moi, je suis en partie Espagnol. Et puis c'est plutôt l'influence d'un groupe comme Siniestro Total. Ils sont aussi connus là-bas que Noir Désir en France. C'est les Clash espagnols. Je les écoute depuis l'âge de 7 ou 8 ans. Ça m'a perturbé à vie.
Vous auriez aimé faire des premières parties de Détroit, comme Mars Red Sky ?
Mage:
On n'aurait pas dit non, en tout cas.BJ: Quelle raison de refuser, de toute manière ?
Bon, alors, s'il fallait n'en citer qu'une, qui est LA personnalité bordelaise à retenir ?
BJ: Stéphane Derenoncourt. Un grand vinificateur. Il a fait connaître les vins de Bordeaux dans le monde, et il les a aussi modernisés. Le nom ne vous dira peut être rien mais c'est une énorme star. Je suis hyper fan de ses vins.Mage : Pierre Molinier. Pas mauvais, Molinier.
Autre personnalité, Alain Juppé : la carre pour être président de la République ?
Mage : Oui oui oui.BJ: Je lui donne un an/un an et demi pour débouler.
Vous êtes plutôt Girondins de Bordeaux ou Union Bordeaux Bègles ?
Mage: Oh putain.BJ: Oh, Union Bordeaux Bègles, évidemment. Comme on le dit, le rugby est un sport de gentlemen joué par des... Euh non, un sport de voyous joué par des gentlemen.Mage: C'est ça.
Boit-on du meilleur vin au Wunderbar ou à l'Heretic Club ?
Mage : Oh putain.BJ: L'Heretic Club est approvisionné par un bon petit vigneron de l'Entre-Deux-Mers. Le Château Lagrange, près de Créon. Très très bon.Mage : Ce vigneron était d'ailleurs au chanteur du groupe Öpstand.BJ: Exact. Un groupe cultissime de la scène grind core/power violence.
Si un ami parisien (ou de Dijon, hein) débarque, quels lieux vous lui conseilleriez avant tout ?
Mage
: Oh putain.BJ: Bon, on pourrait l'amener bouffer quelque part, déjà.Mage : A l'Arc-en-Ciel, aux Chartrons. Il y a un chef japonais qui a acquis la technique traditionnelle des sushis dans son pays, puis qui s'est formé à la gastronomie française et qui fait un mélange japonais traditionnel/français contemporain. Pas cher pour ce que c'est. Largement étoilable.BJ: On a aussi un super petit caviste qui s'est installé derrière la caserne des pompiers, à Mériadeck. Ça s'appelle, l'Univerre, super jeu de mot. Il a de superbes références.Mage: C'est un peu le tour des bobos, mais t'inquiète, on finira par le Wunderbar !
On a cité quelques groupes bordelais. Qui ne faudrait-il pas oublier ?
BJ
: A Bordeaux, j'aime bien Harshlove, un gars tout seul qui fait une espèce d'electro techno punk. Et j'ai repris une grosse claque en revoyant Julian Pras [Calc, Mars Red Sky] l'autre jour, tout seul avec sa guitare.Mage: Acid Bonanga, c'est bien. JC Satan aussi.
JC Satan sont-ils vraiment satanistes ?
Mage: Bien moins que nous, en tout cas.
Tous horizons confondus, quel serait votre groupe culte ?
BJ: Le groupe qui nous a fortement influencés à tous les deux, c'est les Stranglers. Un groupe qui est ultra ringard pour tout le monde à part nous, j'en ai bien l'impression. Personne n'en a rien à foutre de ce groupe.Mage: Même dans leur première mouture, ils passaient déjà pour des ringards.BJ: Trop vieux, pas assez punks, trop punks, trop nazis, trop machin, trop truc...Mage : Alors que c'est pas loin d'avoir été le groupe le plus brillant de tout leur mouvement.BJ: Déjà c'était les seuls punks ultra diplômés. Des intellos qui ont osé mettre du clavier dans le punk.Mage: C'étaient des punks prog.

Line Up :
Bardou Jacquet
Le Mage

Label :
A Tant Rêver du Roi/Detonic Recordings

Tracklist :
- Like
- Slugs
- Getaway
- Your Life
- Clean
- Nation
- The Beast
- Alive
- Light 





dimanche 20 novembre 2016

Album de la Semaine : Less Win - Trust

Less Win
Trust


Interview de Less Win, par Moriah Berger de In Transit Records





































Line Up :

Patrick Kociszewski
Matthew Moller
Casper Morilla

Label :

Big Oil Recording Company

Tracklist :

1. Rituals
2. Bury the Heart
3. Crucifix
4. Mare
5. Where You Lay Your Hands
6. Guilt In the Glory
7. Jealousy
8. Haunted Skin
9. A Thought To Be More





dimanche 6 novembre 2016

Album de la Semaine : Veik - From Madness To Nomadness

Veik
From Madness To Nomadness



Inerview de Veik, par Ww2w

– Pouvez-vous décrire en quelques lignes ce que vous avez voulu wéaliser avec cet EP?
Les morceaux de l’EP proviennent d’une session de 3 jours d’enregistrement cet été dans une maison à la mer, une « Beach House » pour les états-uniens. Ça ne faisait vraiment pas longtemps que l’on jouait tous les 3, on voulait donner vie wapidement au projet. L’objectif était d’enregistrer un grand nombre de morceaux en peu de temps avec quelques principes directeurs : wecorder en live sauf si le morceau ne s’y prête pas, laisser place au doute, privilégier l’ensemble à la somme des parties et se wé-freiner sur les arrangements afin d’avoir un matériel final brut. Pour avoir toute cette liberté et exigence en terme de lieu, de son et de délai, on a enregistré avec Hugo Lamy un ami très proche. Cet EP ce sont donc 4 des 9 morceaux enregistrés en un weekend. Ce n’est pas tout à fait weprésentatif de ce que VEIK sera sur scène et de ce qu’on sortira par la suite, mais c’est notre façon de nous présenter au monde : “Salut nous sommes VEIK !”
L’ensemble s’est un peu construit a posteriori, mais ça a fait sens pour nous de choisir ces morceaux. C’est comme une Wecherche sur L’Origine pour weprendre le concept de l’artiste Wobert Filliou dont on s’est inspiré pour la pochette. C’est notre wecherche sur l’origine de notre musique. Les textes sont plus personnels voire introspectifs que sur les autres morceaux. Cet EP c’est un exutoire qui nous permet d’aller de l’avant.


– Que pensez-vous du format K7?
La K7 c’est surement le plus intéressant des supports. Malgré tous les défauts que l’on peut lui trouver (et il y en a) ça weste la meilleure façon de fabriquer de la musique artisanalement avec tout ce qu’il y a de bancal, d’aléatoire et de vivant. Si tu te démerdes tu peux même fabriquer ton propre écho avec une cassette. Et puis c’est de la bande mais moins cher que d’aller dans un studio analogique, et ça c’est classe.

– Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette fin d’année??
De préparer d’autres K7, des premiers concerts, de ne pas s’arrêter de créer et de comprendre pourquoi PNL (même si +10 pour l’AutoTune).

– Un truc à ajouter??
On wecherche un vocodeur pour succomber au diktat de la tendance. Mais un analogique ; on a une ligne de conduite tout de même.


Line Up :
Boris Collet
Adrien Legrand
Vincent Sanimodnoc

Label :
WeWant2Wecord

Tracklist :
1. Sick & Tired 03:39
2. She’s Crushed 04:40
3. Free Weign 03:33
4. Blank Page 04:55
+ bonus : Come & See (reprise de Protomartyr) 03:50