Pour vous faire patienter jusqu'à la semaine prochaine, nous vous proposons de suivre les deux heures de notre 100ème émission, avec la participation de notre étudiant en proctologie préféré, sus nommé Le Radiologue.
(Euh... les Cranberries au début de l'émission, c'est pas voulu, rassurez-vous!)
Une petite perle dans le monde retrouvé du garage rock, si on peut l'appeler encore ainsi. The Dirtbombs revient avec un cinquième album aussi électrique et dansant que ses prédécesseurs, le bien nommé "Party Store".
Sous la houlette de son fondateur, Mick Collins, le 17ème line up (rien que ça!) du groupe revient après 3 ans d'absence, la moyenne générale pour les Dirtbombs de nous pondre un album.
Depuis 1992, année de sa formation, les natifs de Détroit nous font bouger les fesses sur de grands albums. Après "Ultraglide in Black", une compilation de reprises soul et R&B (non pas celui de Beyoncé ou de Rihanna mais le vrai), et une galette très garage rock, "We Have You Surrounded", la sortie de "Party Store" était très attendue, surtout après trois ans d'absence dans les bacs.
Si ce disque ressemble aux autres dans sa composition, quelques surprises attendent les acharnés comme vous du bon rock. On retiendra principalement une reprise aussi déroutante qu'impressionnante "Good Life". Inner City en avait fait un tube, les Dirtbombs la revisitent avec leur touche toute personnelle.
Avec la voix de basse froide et profonde de Mick Collins, "Party Store" commence comme on s'y attend par un morceau de choix, qui appose une ambiance inhérente à l'album ("Cosmic Cars"). Deux basses, deux batteries, une guitare s'emmêlent et se confondent sur le magnifique "Shari Vari". Puis c'est au tour de nos méninges de prendre un bon coup de couteau "détroyen" avec l'électrifiant "Alleys of Your Mind". Mais, si nos neurones reprennent un peu leur place avec "Bug In the Bassbin", c'est pour mieux en perdre sur "Jaguar", aussi rapide et féroce que l'animal (ou que la voiture, en fin de compte c'est kiff kiff). "Party Store" se termine par un Detoroito mix au nom imprononçable, sauf si vous êtes japonais ou fan de mangas.
En bref, cet album est un pur moment d'électricité statique qui vous traverse le système nerveux, jusqu'à vous faire bouger vos petites fesses blanches !
Puisque TV On The Radio sort un nouvel album, "Nine Types of Light", et que, dans la version Deluxe, un DVD accompagne la simple galette, nous vous proposons le film entier de cet album, regroupant tous les titres sous forme de clips.
Le nom de Malachai ne vous évoque peut-être rien mais ce duo gagne à être connu. A la base, ils sont originaires de Bristol, la ville aux multiples groupes, de Massive Attack à Portishead. Ils ont débuté sur le label Invada (celui-là même de Monsieur Geoff Barrow de Portishead, grand ami et amateur de la musique de Malachai) avant d'être signés sur Double Six/Domino, ce vivier qui parvient à réunir en son sein des artistes aussi éclectiques que talentueux tels qu'Animal Collective, The Kills, Four Tet, These New Puritans ou plus récemment la belle Anna Calvi, pour ne citer qu'eux. Rien que pour ça, votre curiosité devrait être éveillée. Mais en plus de cette belle vitrine, le duo a tout pour séduire les amateurs de musique un brin barrée.
Inutile de tenter de cataloguer Malachai et de les faire entrer dans les carcans stylistiques qui nous sont chers car les deux Bristoliens détestent ça et font tout pour brouiller les pistes. Pour faire simple, ils empruntent des éléments dans tous les styles et époques, avec un goût prononcé pour le rock 70s, la pop des 60s et le hip-hop old school. Alors que Scott Hendy concocte des cocktails de sons et de samples, Gee Healy s'occupe, lui, de la partie vocale.
Leur nouvel et second album, Return Of The Ugly Side, sonne comme une réponse à leur premier effort, The Ugly Side Of Love. Plus cohérent que le premier, il vient une fois encore évoquer leur vision du monde telle une dualité : l'horreur des personnes et des choses qui les entourent mais également l'espoir qu'il faut savoir garder, ce positivisme jusqu'au-boutiste, le tout teinté d'une note d'humour pour détendre un peu l'atmosphère.
Return Of The Ugly Side est à écouter comme un long morceau et non comme un album où les titres n'auraient aucun rapport entre eux. On n'y observe aucun silence et les transitions sont soignées, permettant de l'appréhender comme l'histoire de notre monde actuel, avec ses doses de noir et de blanc mais surtout son camaïeu de gris. Pour l'illustrer, des titres parfois toniques comme (My) Ambulance et sa folie passant par des beats aux frontières de la jungle et des voix plus proches des Beach Boys que d'Underworld, d'autres compositions plus enlevées et douces à l'image du duo avec Katy Wainwright, Rainbows et sa douce mélodie cyclique à la guitare, ou ses rythmiques trip-hop.
L'angoisse est cependant toujours latente et peut ressurgir à tout moment, comme sur Lid Antartica (Wearin' Sandals) et son ambiance pesante, ses guitares, à l'instar de Stupeflip, qui vous font vous ronger les ongles. Les compères jonglent aussi brillamment avec la soul (How To Write). L'orchestration est parfois minimaliste mais les arrangements électroniques utilisés avec parcimonie donnent toute sa grandeur à l'album.
Akron / Family - S/T II : The Cosmic Birth and Journey of Shinju TNT
Agréable surprise qu’est ce nouvel opus d’Akron/Family ! Surprise parce qu’il est beaucoup plus expérimental et audacieux que leur excellent prédécesseur « Set ’Em Wild, Set ’Em Free » de 2009, pas mal plus solidement campé dans un moule électro psyché. Peut-être est-ce dû au départ de l’un des membres fondateurs Ryan Vanderhoof.
Le 5e album de ce trio originaire de Portland en Oregon, mais maintenant basé à Brooklyn, débute par un énergique psyche-rock (Silly Bears). Passé le choc initial des guitares saturées à souhait, on découvre et apprécie la mélodie hypnotique signée Dana Janssen, Seth Olinsky et Miles Seaton. Déjà, à la pièce suivante (Islands), les choses se sont calmées, pour le moment, tout en restant électrifiées. La voix se veut plus soyeuse, invitant à la relaxation, sur une nappe de claviers aux consonances rétro 70s. Akron/Family s’incruste encore plus loin dans le subconscient de ses auditeurs avec l’intro jouée à l’envers de A AAA O a Way.
Akron/Family est une belle réussite progressive. Après trois albums sur le petit label Young Gods, ils signent chez Dead Oceans.
Akron/Family pond ici un album complexe et touffu, mais riche en mélodies fortes (Light Emerges) et arrangements originaux. Le travail du batteur est à ce titre remarquable, s’éloignant souvent du classique rythme rock de base (Another Sky).Difficile de savoir qui occupe le poste de batteur puisque les trois musiciens ont toujours eu la manie de changer de rôle. Akron/Family ne fait pas dans le chaos gratuit. Leur musique est bien organisée et réfléchie, sans être excessivement cérébrale.
Tracklist "Silly Bears" "Islands" "A AAA O A WAY" "So It Goes" "Another Sky" "Light Emerges" "Cast a Net" "Tatsuya Neon Purple Walkby" "Fuji I (Global Dub)" "Say What You Want To" "Fuji II (Single Pane)" "Canopy" "Creator"
Moon duo ou la fulgurance sonique…Premier single en 2009 (Love On The Sea) suivi d’un Ep plus conséquent dans la foulée (Killing Time). Leur premier album est arrivé en 2010 (Escape) conjointement à une tournée américaine qui les mènera jusqu’à la pointeuse de la hype indie : le bizarrement nommé SXSW. Pour l’occasion, le village texan, désormais considéré comme l’Élysée de l’indie rock foireux, verra séjourner entre ses murs un pan de la musique contemporaine qui ne s’associe pas aux mots beach,chill ou wave (au choix). Pour la petite histoire, Moon Duo est un side project de Sanae Yamada et Erik ‘Ripley’ Johnson de Wooden Shijps, groupe incroyable qui reprend l’histoire là où Les Rallizes Dénudés l’avaient laissée : lignes de basse labellisées Motown, organe d’un autre âge, thèmes de grattes noise à ombre portée psyché. L’héritage est assumé crânement mais sans trop regarder dans le rétro.
Killing Time a donc pour principale qualité de ne pas sonner comme un obscur Lp enregistré au début des années 70. La production optimise le travail mélodique mené principalement par Ripley (guitariste), devenu maître dans l’art de la voie (ou voix) psyché. Les quatre morceaux nous offrent une montée sonique, inépuisable et un saut à travers le temps.
Tracklist :
1. Killing Time (5:13)
2. Speed (5:17)
3. Dead West (4:45)
4. Ripples (6:06)