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Pataugeage dans toutes les mares ! (Rock, Electro, Jazz, Hip-Hop, leurs dérivés connus, inconnus ou oubliés)

Tous les Canards vont à la Mare est une réalisation produite par Animation Média Picardie.

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dimanche 17 mars 2013

Archive de la Semaine : Depeche Mode - Ultra (1997)

Ultra est le neuvième album du quatuor de Basildon, devenu trio avec le départ d'Alan Wilder qui réactive son projet Recoil (de 1986) la même année. La production est assumée par Tim Simenon du collectif Bomb the Bass.
L'album est enregistré dans les studios d'Abbey Road à Londres et mixé et fignolé à New-York dans les studios Electric Ladyland... tout sur papier pour en faire un classique instantané. Il sort le 14 avril 1997.



Le propos est sombre, les balades et quelques triphoperies servent de vecteur idéal pour la force, une fois de plus, des compositions de Martin Gore. La production de Simenon apporte une caresse plus groovy sur l'ensemble des titres. Un soin particulier est apporté à l'image qui accompagne cette sortie, tant dans le livret de l'album avec à nouveau de superbes clichés d'Anton Corbijn que dans les clips. En 1997, le monde de la musique se consomme encore sur du solide, du tangible, du plastique aussi. La vraie force de cet album repose sur le titre d'ouverture « Barrel of a gun », un classique instantané, puissant, rock, dur et sombre. Il laisse présager une douce folie, après les abus du Song of Faith and Devotion précédent. Très vite, la griffe Bomb the Bass va s'accrocher partout, on échappe au dérapage formaté par la force des compositions (vraiment à son affaire Martin Gore) et l'utilisation d'une instrumentation riche. Ultra est probablement, l'album le plus orchestré du combo.



Véritable Who's who de l'intelligensia rock, on retrouve à la basse Doug Wimbish de Living Colour, Keith Leblanc, batteur au sein de Little Axe (Wimbish est à la basse), Jaki Liebezeit de Can, BJ Cole un guitariste anglais qui a joué e.a avec T-Rex, Bjork et Syd Barrett (!) et Dave Clayton (ABC – Look of Love!) qui assure les claviers et dont le chemin a croisé ceux de Simply Red, Bob Marley, Sinead O'Connor, U2, INXS, Marc Almond ou encore Robbie Williams. Les arrangements, notamment sur le sublime « Home » sont vraiment marquants.


"Barrel of Gun"
Au final, Ultra, est l'album studio rêvé pour DM, un contre-pied non fait aux années 101 et au Rock Show de la tournée précédente. Malgré ses qualités, l'album est un cran en dessous de l'intouchable Violator. Au fil des écoutes, on baigne dans un confort favorable mais le désir d'être heurté par l'enthousiasmant « Barrel of Gun » s'estompe pour un penchant appuyé sur une musique d'ambiance, une musique de l'air du temps. Un album de rédemption.


Tracklist : Barrel of a gun - The love thieves - Home - It's no good - Uslink - Useless - Sister of night - Jazz thieves- Freestate - The bottom line - Insight - Junior Painkiller (plage cachée)

dimanche 23 septembre 2012

Archive de la Semaine: Depeche Mode - Music for The Masses (1987)


Ce n’est pas tous les jours que l’on écrit une bafouille à propos d’un groupe qui a vendu 75 millions d’albums dans le monde (probablement plus de 100 millions, si on inclut les maxi 45t et toutes sortes de singles et remix).
Sixième album du groupe de Basildon, qui démarre sa carrière en 1980, Music for the Masses sort le 28 septembre 1987. Malgré un titre avenant et, au moins, 2 singles dévastateurs,  MfM n’est pas un disque évident.  Moins évident que son successeur, et œuvre majeure, Violator. L’album comporte même son lot de scies, comme « Sacred » ou « Nothing ».


-J’ai toujours aimé cette pochette d’album !-

Un disque un peu difficile qui ouvre une voie royale et une reconnaissance internationale aux anglais. Les plaçant derechef dans le triumvirat des groupes à stades de la fin des années 80 avec U2 et INXS. Suite à cette plaque, le groupe entame une tournée colossale dont sera issu le live 101 qui porte bien son nom.
Music for the Masses est le premier album de groupe qui sort simultanément en vinyle et en CD avec une tracklist différente pour  ce dernier, on y ajoute des remix et des reprises.
Album difficile parce que des titres comme « Agent Orange » ou « Pimpf » purement instrumentales, jouent sur des thèmes angoissants.  À l’opposé, un titre comme « Nothing » est on ne peut plus cliché et médiocre.  « The Things you said » et « I want you now » chantés et joués majoritairement par Martin Gore, démontrent à nouveau tout le savoir du bonhomme, véritable âme du –monstre- que devient DM. 2 perles mélodiques et minimalistes.
Bien sûr le succès mondial de cet album repose sur LA poignée de titres qui agrémentent depuis maintenant 25 ans toutes vos fins de soirées. Le tubesque « Never let me down again » qui ouvre l’album et qui a ouvert la voie pour que DM devienne le premier groupe Electro-Pop à remplir les stades. « Strangelove » dont la version single sera plus rapide et dansante que celle de l’album. « Behind the Wheel » qui marque le coup avec une parfaite représentation de la route. Le titre parle des sensations du passager. Le tempo et l’agencement des sons mis en place tiennent durablement dans le cortex de l’auditeur. Un des titres phares du groupe et une vraie réussite.


"Behind the Wheel"

Music for the Masses est un album majoritairement sombre, avec des thématiques connues, certes mais aussi des allusions à la guerre, à la mort, à l’abandon.
MfM et le seul album du groupe enregistré en France, aux studios Guillaume Tell (Suresnes). Il y’a une influence locale dans certains titres, notamment « Pimpf », une utilisation des claviers et des sons un peu –cabaret-.
Un album à redécouvrir.

Tracklist : Never let me down again – the things you said – Strangelove – Sacred – Little 15 – Behind the wheel – I want you now – To have and to hold – Nothing – Pimpf – Agent Orange