Emission radio. Live les Dimanches de 20h à 22h sur le 95 fm (RQC- radio locale Mouscron-Kortrijk- Lille Métropole).

En écoute ici en streaming.

Pataugeage dans toutes les mares ! (Rock, Electro, Jazz, Hip-Hop, leurs dérivés connus, inconnus ou oubliés)

Tous les Canards vont à la Mare est une réalisation produite par Animation Média Picardie.

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dimanche 16 septembre 2012

Archive de la Semaine: Unsane - Scattered, Smothered, & Covered (1995)


Tiens aujourd’hui, on vous cause des Swans, bon New-York, Fœtus, la No-Wave , la No Music pour certains.  Immanquablement, on pense à un artiste d’exception Vinnie Signorelli.

Signorelli devient le second batteur d’Unsane  après le décés par overdose de Charlie Ondras. Le natif de Brooklyn a un parcours marquant dans la galaxie des amis du bruit blanc, le bonhomme a frappé partout… à part chez Sonic  Youth… chez les combos new-yorkais qui depuis plus de 25 ans nous abreuvent dans le genre bruyant. Signorelli fut batteur chez les Swans, donc et pour les œuvres de Jim Thirwell, en guise de cv.


Scattered, Smothered & Covered est le troisième album d’Unsane, il sort le 14 septembre 1995, et assène dès les premières notes de « Scrape » un coup de boule herculéen dans la tronche des auditeurs, marquant, de sorte, un mètre-étalon dans la musique virile, inoubliable.
 Qui découvre cet album, fuis à grandes enjambées  (tapez violemment 1) ou deviens fan du groupe instantanément (tapez à mort 2). On se marre encore de tous ces groupes Metal loud than other qui n’arrivent pas à la cheville du premier riff de « Scrape » en matière d’efficacité…  Ici pas besoin de porter des bracelets cloutés, des cheveux gras, et des Tisheurtes avec une face de bouc pour faire le violent. Putain, un riff les gars !

Définir la musique d’Unsane peut se résumer par – à la Unsane-  et c’est encore plus vrai avec ce troisième album, ne serait-ce parce qu’il est la porte d’entrée pour pas mal de connaisseurs et immanquablement l’album vers lequel, on revient le plus et le plus souvent. De la mélodie, y’en a dedans, portée par une voix éraillée, unique dans son phrasé (une pincée Hip-Hop, un essai plus – Soul- de temps en temps), de la hargne y’en a aussi, déclinée en une série d’uppercuts (merci Vinnie), et une savante combinaison des distorsions pour la guitare et la basse conclue le tout en une combinaison puissante. « Get off my back » est l’archétype du titre duquel on ne sort jamais, par son évidence et il est un des plus –cool- de l’album !


"Scrape"


Les 37 minutes de Scattered, Smothered & Covered sont intenses. Ce n’est pas pour rien que chaque artwork d’album est baigné dans le sang. On se rappellera que pour leur première plaque éponyme en 88, les gaillards avaient choisi de mettre en avant un type décapité gisant sur les rails du métro de Brooklyn. Ils aiment l’humour saignant. Et ici (circulaire !), on a le droit au simple coup de boule jusqu’à l’arrachage minutieux de la colonne vertébrale. Pierre, papier, ciseaux, chez eux, c’est tout en même temps pourvu qu’il y ait une brûlure.

Précision, concision, déflagrations, vitesse d’exécution, maîtrise du tempo et toujours une ode au bruit (la noise), Unsane est un groupe majeur qui à l’instar d’autres dans leur genre, font toujours plus ou moins le même album sans que cela devienne un reproche. Qui aurait l’idée de critiquer AC/DC ou Motörhead, sur leurs choix ? Ici on succombe (dans tous les sens du terme).

Tracklist : Scrape –Alleged – Blame me – Out –Can’t see – Get off my back – Blew – Empty Cartridge – No Loss – Test my faith – Ruin – Swim – 4tak


dimanche 29 avril 2012

Archive de la Semaine: Etienn Daho - Eden (1996)


Et si nous causions un peu de French Touch en ce beau dimanche printanier  - un 29 avril, ça devrait le faire, non - ?
La French Touch, est un terme journalistique qui désigne une flopée d’albums sortis dans les 1990 par des artistes français qui faisaient mumuse avec des tables de mixages, des ordinateurs, et une discothèque regroupant l’intégrale de Gainsbourg,  quelques 45 tours yéyé, et la totalité de tout ce que le label Mo’Wax sortira. On jazzonne un peu, on hipopise dans les coins, on a une envie furieuse de faire danser langoureusement, allongé sur le ventre, les mollets relevés.
Eden est le sixième album du rennais d’adoption, l’album sort le 19 novembre 1996. Une poignée de singles, en sont extraits.  « Au commencement », « Soudain », « Les Bords de Seine », et «  me manquer ». L’album est entièrement dédié à la genèse,  mystique comme jamais le père Etienne. Faut dire que dans le milieu des 90, une rumeur a annoncé son décès  à grands coups de secret  et de théories proches des Illuminati !
Il poussera le comique de la chose dans EP avec les anglais de St-Etienne Resurrection.


Dès sa sortie, cet album est mal perçu par le grand public, trop ceci, pas assez cela et le sempiternel « j’aime pas Daho, il a pas de voix »… soit laissons les moutons paître. L’intérêt de cet album est sa richesse harmonique et son aboutissement musical, le résultat de huit années de collaborations avec Philippe Zdar. Ben oui, je vous cause de French Touch.
C’est en Angleterre que l’on en parle comme d’un must have du French Crooner.  Subjectif, certes, mais pas sans fondements.
16 après sa sortie, l’album est à redécouvrir, ne serait que pour se fixer une idée des chemins empruntés pour ce vrai concept-album.
Sarah Cracknell (St-Etienne), Ellie Medeiros, Astrud Gilberto, The Comateens, Les Swingle Sisters (groupe vocal 1962 !) participent à la communion.
Un disque à la fraîche, printanier comme un soir de pluie passé le nez à la fenêtre.


Tracklist :
1.    Au Commencement - (Etienne Daho/Andy Wright-Étienne Daho)
2.    Les Passagers - (Etienne Daho/Sarah Cracknell-Ian Catt)
3.    Un Serpent Sans Importance - (Etienne Daho/Arnold Turboust)
4.    Les Pluies Chaudes De L'Été - (Etienne Daho/Arnold Turboust)
5.    Les Bords De Seine - (Etienne Daho-Astrud Gilberto/Arnold Turboust-Jack Bally)
6.    Me Manquer - (Etienne Daho-Elli Medeiros-Nicholas Dembling/Nicholas Dembling)
7.    Soudain - (Etienne Daho/Nicholas Dembling)
8.    L'Enfer Enfin - (Etienne Daho/Arnold Turboust)
9.    Timide Intimité - (Etienne Daho/Alan Whyte-Étienne Daho)
10. Rendez-Vous Au Jardin Des Plaisirs - (Etienne Daho/Arnold Turboust)
11. Quand Tu M'Appelles Eden - (Etienne Daho/Robert Johnson-Etienne Daho)
12. Des Adieux Très Heureux - (Etienne Daho/Andy Wright-Etienne Daho)

§  Astrud Gilberto participe au titre Les Bords De Seine.
§  Sarah Cracknell participe au titre Les Passagers.
§  Elli Medeiros participe aux titres Me Manquer et Rendez-Vous Au Jardin Des Plaisirs.
§  Lyn Byrd participe aux titres Un Serpent Sans Importance et Me Manquer.

dimanche 1 avril 2012

Archive de la Semaine : Sandra Kim - Make Up (2011)


Chronique belge.


Sandra Caldarone (qui deviendra Kim)  a 13 ans lorsqu’elle remporte le concours Eurovision en mai 1986, avec un sémillant « J’aime la vie » qui deviendra très vite par erreur « J’aime le vie »  hum.  Par la même occasion, elle devient l’une des rares francophones (l’autre c’est c’line Dion) à remporter l’enjeu. Dans la foulée, elle devient une icône publique entre Adamo et Eddy Merckx … à cette époque, nous sommes nulle part en tennis…


En 2011, La « Ptite » Sandra publiait son 7iè album pour célébrer ses 25 ans de carrière. L’opus s’appelle malicieusement Make Up et renferme 8 titres tous plus habillés les que les autres par une kyrielle d’artistes belges.
La pochette nous la laisse entrevoir lascive, séductrice et maquillée (ben oui).  Ne dit-on pas combattre le mal par le mal et donc les idées reçues par un des clichés les plus lourdingues.


Sans la plaindre, 25 ans plus tard, elle bénéficie toujours des retombées de l’Eurovision, on peut profiter de la sortie de cet album pour s’interroger sur le vedettariat  dans notre plat pays. À l’heure où les « artistes » dit populaires francophones se bataillent pour être les nouveaux peines à  voir,  Zazie, ou Raphaël – où comment écrire des chansons qui racontent les courses à Lidl - ,  la « ptite » Sandra bénéficie toujours d’une image d’ultime has-been savamment entretenue depuis 20 ans par des médias « bien inspirés » et des choix de carrière douteux.
Elle s’en fout un peu parce qu’elle a menée l’essentiel de sa carrière en Flandres.  Ça ne vous rappelle rien, l’histoire d’un(e) immigré(e) italien(ne) qui devient numéro un du pays !
C’est en s’attardant sur son chemin parcouru que les détracteurs peuvent y aller à cœur joie.  On mettra cela sur le compte d’une grande générosité  ou d’une énorme naïveté doublé de mauvais choix totalitaires, mais elle a quand même bien donné pour se faire démolir par les critiques.
En Belgique, tout le monde connaît son parcours jalonné de karaoké dans les ducasses de village aux plateaux de télé-crochet où elle est membre du jury en passant par les adaptions dans des comédies musicales ultra shampouinées.  En plus, elle a l’air de ne rien regretter, sur son site internet, on retrouve l’ensemble de tous ces 45 tours, participations à des compilations, duo –cruchots !


Si on poursuit l’analyse et que l’on enlève cette image suffocante de gamine des kermesses, on trouve ce qui nous intéresse la musique. Kim est une chanteuse à voix, mouais bon… les synthés 80’s et les violons dégoulinants ont souvent eu la part belle dans des compos à la Mickey Parade, soit. On ne va jamais savoir, si elle a fait ces choix consciemment ou si tout cela était imposé par un sourd aussi ouvert d’esprit qu’un taliban.  Certes, elle pouvait faire ces choix elle-même, mais elle vient d’une vieille école où avant de respirer dans un studio, on s’entoure d’un producteur, un compositeur et une batterie d’ouvriers pour pondre trois minutes immédiates.  Pour ce Make UP c’est encore le cas.


Sur cet album, Sandra Kim apparaît dans les crédits en qualité de Backing Vocals, postulat plus que parlant. La place est laissée à la musique.  Ce sont les orfèvres pop du moment qui s’attellent à la tâche Anthony Sinatra (Hollywood Porn Stars, Piano Club), Piet Goddaer (Ozark Henry), David Bartholomé (Sharko), Guillaume Streel ou encore Simon Schoovaerts.  Pour les textes, Dani Klein (Vaya Con Dios), Jacques Duvall (l’Expert en désespoir !), Adamo, et Bartholomé.
Bon et il est comment ce disque (au 600iè caractère, il est temps d’en parler non ?).
Il est bon dans le genre, un poil trop orchestré certainement, bourré d'humour et de second degré aussi … un disque qui ne fait pas mal et qui sans des lourdeurs convenus pourrait sans problèmes entrer dans un beau panel de musique lounge un peu concernée comme a pu en produire Ozark Henry ou Hooverphonic … incompréhensible d’ailleurs que ces derniers n’aient pas été conviés à la fête.
Un disque du dimanche !

Tracklist : Make Up - Anyway the wind blows - Good Luck, Bad Luck - Lost and Found - Top Price - Voler le temps - La Nuit - Musique ma soeur