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dimanche 5 mai 2013

Album de la Semaine : Savages - Silence Yourself

Savages

Silence Yourself



Interview de Savages, par Olivier Kalousdian de Sound of Violence

Café la Laverie, 20ème arrondissement. Une journée maussade comme seules Paris ou Londres savent les fabriquer. Jehnny Beth, artiste au nom délicieusement anglicisé pour une fille née chez nous, se fait attendre sur un air de Venus In Furs du Velvet Underground de bon augure. Personne ne s’en formalisera de la part de la chanteuse d’un groupe dont les textes et la conduite réfutent l’immédiateté et l’empressement au profit de la réflexion et de l’apprentissage. Celui qu’elle, la Jehn de John & Jehn, a su patiemment intégrer dans ses expériences musicales passées.

Quasi phénomène outre-Manche – et très bientôt dans de nombreux autres pays, à n’en pas douter – Savages est un girl band qui fait dans la performance arty punk-rock revenue à sa résurgence. Oubliés les groupes se revendiquant de, ou jouant à, Jehnny Beth, Gemma Thompson, Ayse Hassan et Fay Milton transpirent le rock, jouent comme des garçons et exultent sur scène comme leurs aînés de Suicide, Joy Division ou Bauhaus. Des groupes qui ont fait de la scène un lieu cathartique et de la vie une performance artistique. Rien n’est gratuit ou feint chez ces quatre filles là.

Rarement formation récente aura suscité autant d’attentes. Le premier album de Savages, Silence Yourself est désiré, guetté et prévu le 6 mai 2013. Comme l’apocalypse était crainte pour le 21 décembre 2012, il impactera violemment le monde de la musique ou passera à coté, mais en aucun cas ne laissera indifférent. Sur la planète rock, il y aura certainement un avant et un après Savages. 2013 sera leur année.

Si, en Angleterre, votre chronologie commence à être connue, en France, on appréhende un peu moins bien votre histoire. Peux-tu nous en dire plus sur la genèse de Savages ?

Comme tu le sais sûrement, je faisais partie du duo John & Jehn. Arrivé un moment, nous avons ressenti le besoin de créer notre propre label, Pop Noire. Ensuite, John a beaucoup bossé sur le projet Lescop. À la fin de deux années de tournée avec John & Jehn, notre guitariste Gemma Thompson m’a fait part de son envie de monter un nouveau projet avec son amie Ayse Hassan, bassiste. Au départ, elle aurait voulu que John joue également dans ce nouveau projet, mais il était beaucoup trop occupé avec Lescop. Ainsi, comme j’écris beaucoup, je me suis proposée comme auteur et chanteuse et j’ai lancé l’idée d’un groupe de filles. Gemma a trouvé le nom de Savages qui m’a tout de suite emballé et nous avons recherché une batteuse, recrutée par le bouche à oreille, entre amis. Tout cela s’est un peu fait par hasard, en fait.

Je me suis dit que nous pouvions aller un peu plus droit au but, que ce soit dans les textes ou dans la musique.

Et pour la ligne directrice du groupe, quel a été le déclencheur ?

Le nom, Savages. Je ne saurais pas trop l’expliquer, mais il résonnait parfaitement avec ce que j’écrivais de mon côté. L’idée de réveiller une certaine sauvagerie chez les gens, et chez nous également, et faire en sorte que notre musique soit la plus directe possible. À cette époque, nous étions fatiguée de la scène londonienne et de tous ces groupes qui regardaient leurs pieds en jouant du rock. Je me suis dit que nous pouvions aller un peu plus droit au but, que ce soit dans les textes ou dans la musique. Savages, c’est un instinct de survie dans le rock de l’époque.

Malgré vos jeunes ages, vous revendiquez un héritage punk et post-punk...

Moi, je ne revendique rien ! J’écoute tout un tas de musiques différentes. Évidemment, le post-punk a une forte importance dans mes goûts musicaux, mais j’écoute aussi beaucoup de jazz, de musique classique... Je pense qu’il y a de bonnes choses à prendre un peu de partout.

Sur scène et dans l’énergie proposée, vous affichez une certaine sauvagerie que possédait cette musique...

Oui, sur ces points-là, nous utilisons sûrement les mêmes codes et les mêmes cheminements. C’est vrai que la théâtralité de ce mouvement nous plait. Mais, l’idée de n’avoir que des lumières blanches sur scène vient également du hardcore. Le rapport au corps, les influences dadaïstes ou l’idée de ce que tu fais sur scène doivent être un reflet de ce qui se passe dans la rue. Tout cela, dont Gemma est la porte parole dans le groupe, est évidemment en lien avec le post-punk. Un groupe me vient à l’esprit tout de suite, c’est Suicide. Ceci dit, les quatre membres de Savages viennent de scènes très différentes. Fay, la batteuse, vient plutôt d’une scène dance, dans le sens groove. Elle a eu une formation très classique à la base. Notre bassiste, Ayse a des influences très punk...

Cette influence de la rue que vous voulez ramener sur scène fait plutôt défaut dans le rock aujourd’hui. Vous faites revivre le rock engagé et politisé, dans le sens d’Aristote de la fin 70's début 80's ?

Nous ne sommes pas politisées, mais effectivement, tout ce que nous faisons toutes et tous est politique, de toute façon. Chaque respiration sur scène, chaque mouvement sont des références à ce que nous sommes réellement dans une société et dans un milieu. Si l’on essaie d’échapper à cela, on fait de l’art pour de l’art. Ce qui ne m’intéresse pas vraiment. Mon but en général et dans Savages en particulier, c’est de trouver de meilleures façons de vivre et de meilleures expériences de la musique. Comment les deux peuvent interagir et comment les deux sont interconnectés, toujours. C’est la raison pour laquelle l’intro de l’album est un extrait du film de John Cassavetes, Opening Night. Il était un des maîtres à penser du lien entre l’art et la vie ! C’est aussi pour cela que pas mal de mes textes traitent de parcours de la vie du groupe. Shut Up, par exemple, parle d’une période de la vie de Savages où après six mois d’existence, nous avons du faire face à de nombreuses pressions, à tel point que nous avons du virer des gens qui travaillaient pour nous. Savages a rapidement créé une attention dans le monde de la musique et il nous a fallu dire non et se séparer de ceux qui ne voyaient pas notre approche artistique de la même façon que nous. C’est un défaut qui est générationnel. Il faut réapprendre à dire non ! Vu que tout se casse la gueule, on a eu tendance, ces années passées, à dire oui à tout avec la peur de ne pas revendiquer ce que l’on est et d’assumer ce que l’on a envie de faire. Peut-être se sont ils dit que nous étant jeunes et eux étant plus vieux... mais puisqu’ils ont tout fait foirer dans leurs époques, ils ne savent pas mieux que nous au final !

Ce que propose le monde de la musique depuis des années aux groupes qui éclosent, c’est du baby sitting !

Ce que tu viens de dire, tu aurais très bien pu le dire dans un autre groupe en 1977 ! Que ce soit les Slits ou les Sex Pistols, ils avaient comme idée de base que les générations précédentes n’avaient rien compris à la jeunesse. A nouveau, Savages ouvre la porte à ces revendications là ?

Absolument. Ce que propose le monde de la musique depuis des années aux groupes qui éclosent, c’est du baby sitting ! C’est triste à dire, mais l’essentiel est perdu. Peut-être par peur de ne pas y arriver...

Silence Yourself est le premier album des Savages. Quelle est la bonne traduction, peut-être pas totalement littérale, de ce titre ?

Si tu as vu l’artwork du disque (ndlr : une photo des quatre filles en noir et blanc avec un texte accolé) il y a un texte explicatif ou une sorte de sous-titre sur la pochette. C’est vrai que, traduit en Français, « Silence Yourself » ne donne peut-être pas la bonne définition. Ce serait entre le « Tais-toi » et « Reste Silencieux » !

N'y aurait-il pas un autre sens qui serait : Parce que vous avez été trop silencieux par le passé, ouvrez là ?

Oui... Dans le texte accolé sur l’artwork nous développons l’idée que ce monde est devenu trop bruyant et que ces bruits sont là pour nous distraire et nous empêchent de nous concentrer sur nous-mêmes. Et en plus, ils ne nous apprennent absolument rien sur nous-mêmes. Savages a été le moyen pour moi de combattre cette éternelle distraction pour revenir à l’essentiel. Y compris au niveau de l’écriture de mes textes que je voulais réduire au moins de mots possibles. Pendant l’une des premières répétitions que nous avons faites avec Gemma, nous nous sommes posées la question de comment jouer la guitare, elle qui avait beaucoup travailler seule, avant. Et nous en sommes arrivées à la conclusion qu’il fallait que chaque membre laisse de la place à l’autre. Une guitariste qui répète dans son coin a tendance à prendre toute la place. Alors que, quand le chant arrive, il faut que l’une et l’autre se répondent et échangent au même niveau. Si tu prends Led Zeppelin, par exemple, il y a un riff de guitare larmoyant de Jimmy Page et la réponse immédiate et équivalente de Robert Plant au chant. C’est ce que nous avons recherché : comment elle, quand je prenais le chant, pouvait se retirer. Rester silencieux est presque aussi important que de parler. Il faut savoir se taire pour pouvoir parler et pour rester immobile il faut savoir bouger.

Quand tu dis cela et quand on écoute votre album, on imagine que vous pensez également à cette génération Internet, ultra communicante qui, abreuvée d’images et de sons pense tout savoir, mais finalement, ne sait pas grand chose ?

Totalement ! C’est amusant parce que j’ai rencontré, il y a trois jours, ce grand photographe de rock qu’est Kevin Cummins. Je discutais avec lui de l’image et de la communication et il me racontait qu’à son époque, avoir accès aux backstages d’un groupe avant concert pour un photographe, même renommé, c’était une position très privilégiée. Les groupes n’étaient pas fans de cela. Et il me disait qu’aujourd’hui, les groupes postaient eux-mêmes leurs photos prises de leurs backstages ! Consternant. Avec Savages, nous avons toujours contrôlé ce que nous donnons, de même que notre présence sur scène. À une époque où tout le monde pense que tout est pressé, nous pensons qu’il faut laisser le temps que l’histoire se crée.

Laisse-moi faire l’avocat du diable : Vous avez déjà joué au Reading Festival ou au SXSW à Austin, vous êtes en partance pour Coachella... Tout ne va pas un peu vite pour vous ?

Tu sais, ça fait déjà un moment que je fais ce métier-là et je n’ai pas l’impression d’aller plus vite que la musique. Et je te dirais que nous n’avons jamais fait un concert de Savages vide ! Mais tu as raison, le paradoxe est là entre la présence importante du groupe et le contrôle de son histoire. C’est d’ailleurs ma grosse terreur à la veille de la sortie de l’album ! Et c’est aussi pourquoi je reste chez Pop Noire, avec Matador en licence. Et pour revenir à ce que je te disais plus tôt, c’est aussi pour cela que j’ai viré mon premier management qui voulait que je signe tout de suite sur des labels importants. En maîtrisant tout cela, je peux continuer à jouir de ma liberté et, par exemple, à continuer à travailler avec John d’un autre coté.

Si votre album rencontre un grand succès, pourrais-tu en être déstabilisée ?

Non, je ne pense pas. J’aimerais que ça marche ! Ma réalité n’est juste pas celle des autres.

En parlant des labels, vous êtes des artistes Pop Noire, mais Matador joue également un rôle important dans cette sortie. Comment se passe cette double collaboration ?

Pop Noire est plus impliqué sur le coté artistique. Antoine Carlier, qui est un artiste graphiste Pop Noire, est à l’origine de l’artwork. Pop Noire nous permet de développer notre créativité, de garder notre liberté et de sauvegarder le côté humain de notre projet. Matador est un pôle mondial de diffusion et ce sont des gens bien qui respectent tout cela.

Nous avons attisé notre motivation de nombreuses façons pour que nos performances soient toujours au même niveau.

Comment retranscrire en studio toute cette énergie et cette vie que vous insufflez à vos concerts ?

Avec pas mal d’astuces... John nous projetait des films ou faisait des accrochages, de guitares par exemple – ce qui a donné le titreDead Nature sur l’album. Il faut savoir qu’en studio, à cause de la technique notamment, il y a beaucoup de moments d’attentes, comme dans un film. Et comme nous sommes allées tous les jours en studio pendant trois semaines, le but était de rester éveillées, de ne jamais s’endormir sur un canapé. Nous avons attisé notre motivation de nombreuses façons pour que nos performances soient toujours au même niveau. Avant chaque concert, nous avons la même discipline. Nous nous échauffons avant pendant une heure au moins avec tout un rituel très important pour couper toute influence du monde extérieur. Que l’esprit soit vidé et libre. C’est pour cela que, par exemple, un festival comme SXSW est très frustrant pour nous. C’est une machine à concert qui ne te laisse pas ce temps-là. Si j’avais su que c’était à ce point là, je t’assure que je n’y serais pas allée ! C’est du business pur et dur. Je n’y mettrais plus les pieds, je pense.

L’occasion est trop belle pour les journalistes depuis deux ans de vous comparer à des groupes puissants comme Magazine ou Joy Division. Cela étant dit, cette période du rock a-t-elle vraiment bercé votre jeunesse ?

Oui, bien sûr, j’ai écouté ces deux groupes et Joy Division ont été très important dans ma vie. Mais, je voudrais également citer un groupe comme Swans ou Cass McCombs, dont j’adore l’écriture, jusqu'à des groupes comme Suicidal Tendencies ou même Tom Petty. Je pioche dans plein de milieux différents, en fait.

Cet album a été produit par Johnny Hostile et Rodaidh McDonald. Quel ont été leurs apports et rôles respectifs ?

John était du côté de l’artistique. Étant artiste lui-même, il était là pour trouver le bon son. Il avait déjà enregistré notre EP live. Rodaidh, lui, était plutôt là pour nous structurer. Par exemple, il faisait en sorte que nous ne passions pas plus d’une demie journée sur un même titre. Nous étions constamment en roulement pour ne pas perdre de fraîcheur. Leurs rôles étaient donc bien différents.

Tu officies également dans un side project nommé HTB ?

HTB c’est l’acronyme de Hostile, Thompson et Beth. C’est un projet musical sans aucune contrainte. L’idée étant d’expérimenter sur l’improvisation dans des sessions HTB qui sont exclusivement live. Ce projet me permet de tenter et de piocher dans des choses que je ferais peut-être pas autrement. Idem pour Gemma ou Johnny, ils ont l’occasion de tenter et d’essayer des sons qu’ils ne pourraient pas expérimenter ailleurs. À la base, c’était un pur terrain d’expérimentation, mais on a finalement enregistré un deux titres sur un vinyle dix pouces très bien travaillé par Antoine Carlier, sur Pop Noire. Nous n’avons fait qu’un seul concert pour l’instant car cela reste un projet très personnel, quasi industriel, mais peut-être que cela se développera, dans le futur.

Finalement, est ce que l’entité H.B ne nourrit pas l’entité Savages, et inversement ?

Complètement. C’est une bonne chose que de travailler avec son producteur sur un tel projet car ça permet une meilleure compréhension de ce que l’on fait avec Savages.

C’est un projet très riche et très excitant qui n’est pas sans rappeler les laisser aller de Sonic Youth sur scène...

Certainement. Rien n’est écrit et c’est de l'improvisation quasi totale ! Je dirais même que c’est dangereux de s’embarquer là-dedans parce qu’une fois que tu as goûté à cette liberté, tu ne voudrais plus faire que cela ! Ce n’est peut-être pas très généreux au niveau de l’écoute, mais au niveau de la création, il n’y a rien de plus enrichissant. Nous avons même utilisé un titre de HTB qui s’appelle Brid pour une des vidéos de Savages qui se passe à New York.

Vous êtes invitées au vingtième anniversaire du Meltdown Festival, l’événement musical initié par Yoko Ono, le 20 juin prochain à Londres. Avec des piliers du rock comme Iggy Pop, Marianne Faithfull, Siouxsie. C’est une belle marque de reconnaissance ?

Un peu trop de vieux à mon goût, mais nous sommes très fières quand même ! (rires) À vrai dire, je ne sais pas trop encore de quoi il en retourne. Je crois que c’est un événement subventionné par l’état anglais qui a lieu tous les ans. C’est un peu l’événement culturel anglais avec un grand C. C’est pour cela que l’affiche est si prestigieuse. Maintenant, attendons de voir ce que cela va donner... J’ai un peu l’impression que je ne vais pas être à ma place. Évidemment, tous ces gens sont des gens importants pour nous et dans le monde de la musique.

Si les vieux reviennent, c’est peut-être parce que les jeunes n’arrivent pas à prendre leur place !

En parlant des piliers du rock, que penses-tu de toutes ces reformations de groupes des années 70/80 ? Et est ce que tu crois que cela revient à ce que nous disions précédemment, la nécessité de revenir à un rock plus engagé ?

A défaut d’autres chose, oui. Si les vieux reviennent, c’est peut-être parce que les jeunes n’arrivent pas à prendre leur place !

Pour revenir à tes textes, tu dis qu’il faut désapprendre la manipulation positive de l’ère de l’ultra-communication. Tu crois que le rock peut nous aider à y voir plus clair ?

Très peu de choses sont faites pour l’éveil. Tout est influencé par l’argent. La manipulation, que l’on pourrait appeler positive, est là depuis notre naissance, d’une certaine manière. On doit être manipulés pour apprendre à écrire, parler, marcher... et ce n’est pas un problème en soi. Cela devient un problème avec les nouveaux manipulateurs comme la télévision, par exemple, qui est là pour vendre quelque chose. C’est une manipulation que j’appelle négative. Ce qui est intéressant avec la musique et les mots c’est qu’ils forment une manipulation que j’espère positive. Une manipulation qui conduit à un éveil, une conscience de soi, de son corps, de sa sexualité et de comment nourrir tout ça. Et si en plus on peut faire tout cela avec du fun...

Sur scène, vous avez quelque chose de rugueux, presque abrupt, et pourtant, vous incarnez comme personne, la condition féminine et son émancipation. Tu as été éduquée dans cette conscience sociale et philosophique ?

Je ne suis pas du tout quelqu’un de féministe. Je n’ai pas été élevée là-dedans et je n’ai pas cette culture là. Ce n’est pas un jugement en soi, ce n’est juste pas ma culture. Même à titre personnel, dans ma vie intime, l’émancipation s’est faite pour moi à travers mon couple, à l’époque de John & Jehn. Celle-ci étant passée par les hommes, je n’ai aucun problèmes avec eux. Par contre, étant un groupe de quatre filles, il nous est facile de tordre des préjugés et j’aime jouer avec cette symbolique féminine.Hit Me ou She Will démontrent cette vision de femmes à la fois fortes et tranquilles, relaxées, sereines avec leurs plaisirs. Aujourd’hui, assumer ces positions est la nouvelle forme de radicalisation. Les derniers événements en France ne me démentent pas.

Quelles sont les formations qui t’ont vraiment impressionnées ces derniers temps ?

Swans que j’ai vus sur scène pour deux heures de bruits intenses et de sensations impressionnantes, notamment avec leur nouveau percussionniste. Et dans les plus récents, Micachu que je connais car elle est venue passer un moment en tournée avec nous. Ce sont souvent des gens qui me touchent car ils ont des démarches similaires à Savages, au-delà même d’un jugement sur leurs musiques.


Line Up :
Jehnny Beth
Gemma Thompson
Ayse Hassan
Fay Milton

Label :
Matador Records

Tracklist :
01 Shut Up 
02 I Am Here 
03 City's Full 
04 Strife 
05 Waiting for a Sign 
06 Dead Nature 
07 She Will 
08 No Face 
09 Hit Me 
10 Husbands 
11 Marshal Dear




dimanche 28 avril 2013

Album de la Semaine : Beans & Fatback - With Skin Attached

Beans & Fatback

With Skin attached





Lefties Soul Connection-lid Onno Smit begon 3 jaar geleden de band Beans & Fatback. Een band met een voorliefde voor rauwe rootsmuziek uit de zuidelijke Amerikaanse staten. Wat begon als een studio project groeide binnen de kortste keren uit tot een van de meest energieke acts in het Nederlandse live circuit.


Op hun nieuwe album With Skin Attached klinkt Beans & Fatback vuiger, rauwer en intenser dan ooit. Echo’s van Howlin’ Wolf, Earl King en Link Wray, gemixt met hedendaagse invloeden als Dan Auerbach, Dr John en Jack White zetten de toon.
With Skin Attached is een lyrisch manifest van een verguisd genre. De rhythm & blues. Voorloper van soul, rock ‘n roll en popmuziek. Alle grote artiesten die bij een ieder in kast of laptop staan (The Beatles, Elvis Presley, Amy Winehouse, The Black Keys) vinden hun oorsprong in de rhythm & blues. Maar het moedergenre is bij het grote publiek niet zo bekend als haar kinderen. Beans & Fatback wijzen de weg op hun nieuwe plaat. With Skin Attached is geenszins een herhalingsoefening. Ook niet retro. Het geheim hierachter is gelegen in de productie. Het album is live opgenomen in de analoge Electric Monkey studio te Amsterdam. Veel galm, veel natuurlijke oversturing én in mono.Geheel naar voorbeeld van de artiesten die dit album geïnspireerd hebben. Maar nummers als What’s A Man To Do of Use Me klinken ondanks alle eerbied voor het verleden opvallend vers. Meer bas. Meer met de borst vooruit. In de geest van de artiesten die rhythm & blues een nieuw millennium binnen smokkelden. Jack White en Dan Auerbach aan de ene kant. Wu-Tang Clan en Menahan Street Band aan de andere. Luister naar de prachtige cover van Little Ann’s Deep Shadows of de drums in Beggin en je krijgt gelijk zin om een sampler eraan te hangen.
De keuze voor mono is opvallend relevant in een tijd waarin de meeste mensen muziek tot zich nemen via luisterpalen, blogs of telefoons. Allemaal niet in stereo. Make the old days new zingt Onno in het meest poppy nummer van de plaat. Die zinsnede kan in hoofdletters op de huid van deze plaat gegraveerd worden. With Skin Attached is een trots achterkleinkind van de rhythm & blues dat luidkeels zingt met veel zin in de dag van morgen. De plaat ontstijgt bovendien de gezelligheden van recepten, wasborden of theaters en maakt van Beans & Fatback in één klap geen ‘project’ meer, maar een band. Met een geluid, een oeuvre, een toekomst en een plek in het alfabet. Ergens tussen Homer Banks en The Black Keys.



Line Up :

Onno Smit – zang, gitaar
Paul Willemsen – gitaar
Toon Oomen – drums/percussie, zang
Jet Stevens – bas
Cody Vogel – drums
Jeroen Tenty – Orgel
Gerhardt – piano, percussie, zang

Label :
Excelsior


Tracklist :

1. Beggin
2. Use Me
3. Hooks in Me
4. Devil's Son Blues
5. Come and Get It
6. Old Days New
7. Same Old Thing
8. What's a Man to Do
9. Deep Shadows
10. Hips
11. Precious Jewel


dimanche 14 avril 2013

Album de la Semaine : Forget Cassettes - O Cursa

Forget Cassettes

O Cursa




Interview de Beth Cameron, par Mackenzie de Randomville


Randomville: What influences do you draw from for your music?
Beth Cameron: This will sound really vague, but it really depends on what we’re into at the time. Like right now there’s a lot of Depeche Mode, Dave Brubeck and Sade around. It’s funny, because for me, my vocals are never really influenced or disturbed by what I’ve been pumping through my brain, but my guitar playing changes. I just find that to be interesting – I don’t know if it’s a good or bad thing.
RV: Who or what inspires you and your music?
BC: PJ Harvey is my all time favorite as far as music goes. Everything she does is amazing. I am definitely inspired mostly by my environment. Whether it’s the season, what my friends (in bands) are playing, what’s going on at work, what book I’m reading, if my dog is depressed or not. You know, things like that.
RV: Has it always been your dream/goal/desire to be a musician?
BC: My desire, yes. I keep my goals very attainable when it comes to music. Music is too three-dimensional for me to have any idea what’s going to be going on in a couple months, let alone a year. It works for me to focus more on my ability and satisfaction as a musician rather than if this is going to turn out to be a career.
RV: What, if any, obstacles have you encountered as a woman in the music business? Do you feel like you are treated as an equal peer or the “girl who plays guitar” stereotype?

BC: That certainly depends on whom I’m around. I have male musician friends who tell me that I’m their “guitar hero (heroine)” and that I am doing something “different”(whatever that means – again, good or bad?). I definitely feel equal to them. Some men and women feel really threatened by me as a guitar player and especially being in a two-piece where I carry at least 50% of the band. I would say that I am separate but equal. I am probably put into this middle category because of my gender. You know that whole “she’s a really great musician, but she’s a girl” label. Anyway, being female and being in a good band is a privilege. I do get really pissed about the myth that men have better hand-eye coordination than women. I get really excited when I see a really good female drummer.
RV: Have you always been a part of the Nashville scene? What is the Nashville scene like right now?
BC: I’ve been in bands in Nashville since I was 14. I’m really trying to get into the art scene now. My boyfriend is a photographer so I’m trying to learn about art and how to see it and the history. It’s pretty interesting. It’s all intertwined, music and pictures, music and paintings. But the music scene here is good. Some really great bands here: Apollo Up, the Whole Fantastic World, and De Novo Dahl – to name a few.
RV: What’s your opinion on the state of music today? What do you love? What do you hate?
BC: I love what my friends are doing. There are very few bands out right now that I like. I’m pretty much still listening to what I was listening to two years ago except that now I’ve deferred to older records. I think it’s funny that a few years ago we were like, “Why can’t an indie band get on a major and play stadiums?” and now they are everywhere. Popping up on commercials on TV? I mean for some of the bands I think it’s great (like Modest Mouse or The Walkmen), but some of these other bands: Yikes. And there are so many of them. I get scared sometimes that they might be planning a take over. I don’t know – maybe they’ve already won. I really love Justin Timberlake, though. I think he’s so talented.
RV: Have you accomplished what you wanted to with Forget Cassettes and your sound? What more do you hope to accomplish?
BC: I think, sonically, we are where we want to be, but it will change. We will have to for you to stay interested. I think the more we challenge ourselves to stretch as far as we can, being two people, instrumentally than the more satisfied we will be. The more mature our sound will be.

Line Up :
Beth Cameron 
Doni Schroader 
Aaron Ford 
Jay Leo Phillips

Label :
Auto-production

Tracklist :
01. Catecholamines
02. Sometimes You're the Bad Guy
03. Double Life
04. Lady Lazarus
05. Scripture
06. Tearin' Up A House
07. Catie, Age 10
08. Catie, Age 20
09. Catie, Age 30
10. DNA
11. The Bunker
12. All of Creation



dimanche 31 mars 2013

Info-Service: The EX

Les hollandais de The Ex se produiront le 21 avril prochain au Water Moulin (à Tournai)
+ Infos pratiques ICI


Une belle occasion pour parcourir durant tout le mois d'avril, l'imposante discographie du groupe via un choix aléatoire.

Tumult  1983
3iè Album



Scrabbling at the lock feat Tom Cora (1991)
11iè Album


Starters Alternators (1998)
15iè Album


Catch my shoe (2010)
21iè Album


En vedette américaine (ça va leur faire plaisir), on retrouve les tournaisiens de Unik Ubik

Album de la Semaine : The Black Angels - Indigo Meadow


The Black Angels

Indigo Meadow



Interview de Christian Bland, guitariste des Black Angels, par Paul Grunelius de Profondeur des Champs


Proposant une synthèse de la musique psychédélique, rappelant tout autant les balbutiements sixties des 13th Floor Elevators que le drone assumé des Spacemen 3vingt ans plus tard, les Black Angels tracent depuis presque dix ans un sillon frôlant la perfection et participent activement au renouveau d’une scène éminemment alternative. Entretien avec Christian Bland, guitariste des Black Angels.
The+Black+Angels 
Nous avons en France une image très cliché et négative du Texas et peu de personnes s’imaginent qu’Austin, d’où vous venez, est une ville aussi vivante et centrée sur la musique (je pense au mouvement Keep Austin Weird ou aux festivalsSXSW et Austin Psych Fest par exemple). Comment expliquez-vous que cette ville soit si différente du reste du Texas ?
Je pense que l’explication principale est la présence de l’University of Texas, qui attire et brasse des personnes du monde entier. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et même durant les années 1950, Austin était un endroit très conservateur. Ce n’est que vingt ans plus tard, avec l’apparition de la génération hippie, que les weirdosarrivèrent. Un groupe comme les 13th Floor Elevators a aussi joué un rôle majeur dans l’affirmation de l’identité psychédélique et alternative de la ville. Tout cela est d’ailleurs très bien expliqué dans le documentaire « Dirt Road to Psychedelia » de Scott Conns.
De manière générale, Austin est une ville tellement agréable à vivre que beaucoup d’étudiants de l’University of Texas (UT) décident de rester après leurs études, particulièrement les personnalités créatives, ce qui alimente la ville en bizarrerie (rires).
La vie à Austin favorise-t-elle la créativité, la collaboration avec d’autres artistes ?
Indéniablement. Je suis arrivé ici en 2002 pour étudier à UT et je n’en suis jamais parti. Cette ville regorge de personnes créatives, ouvertes, inventives. C’était l’endroit parfait pour fonder un groupe.
Vous faites de la musique psychédélique, vous en êtes même les grands représentants à notre époque. Comment en êtes-vous venus à ce genre de musique ?
En un mot : Sgt. Peppers (ndlr : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, huitième album des Beatles sorti en 1967 et véritable manifeste psychédélique). Je l’ai écouté pour la première fois quand j’avais neuf ans et c’est à cette époque que tout a commencé.
Cette musique faite de répétitions, de mantras, donne un caractère quasi incantatoire à votre art. La musique est-elle une spiritualité pour vous ?
Oui. La musique est ma religion.
Le Velvet Underground semble avoir une importance centrale dans votre groupe (votre nom et logo en sont des références directes). Comment expliquez-vous votre fascination pour ce groupe ?
J’ai découvert le Velvet quand j’avais dix-huit ou dix-neuf ans et j’ai tout de suite été fasciné par leur premier album (The Velvet Underground & Nico, 1967). Chaque chanson est absolument unique et émouvante, c’était la première fois que j’entendais quelque chose d’aussi simple, brillant, sinistre. C’est cet album qui m’a donné envie de jouer de la guitare. Avec Alex (Alex Maas, chanteur des Black Angels), on écoutait souvent cet album ensemble pour essayer de trouver l’inspiration pour de nouvelles chansons.
Un autre personnage emblématique de la musique psychédélique semble avoir pris une place majeure dans votre vie : Roky Erickson, fondateur du groupe 13th Floor Elevators. Quelle relation entretenez-vous avec lui ?
On est parti en tournée avec lui en 2008 sur la Côte Ouest. C’était assez irréel de jouer ces chansons qui m’avaient fait commencer la musique il y a tant d’années. Roky est un vrai personnage. On aurait aimé jouer des chansons des 13th Floor qu’il n’avait pas jouées depuis une trentaine d’années mais on s’est retrouvé à jouer uniquement les cinq premières chansons de leur premier album. C’était assez drôle et touchant de s’asseoir avec lui et réapprendre à jouer Roller CoasterDon’t Fall Down et Reverberation à la guitare acoustique (rires).
Que penses-tu de la scène rock psychédélique actuelle (Wooden ShjipsMoon Duo,UFO CLUBMondo DragRadio Moscow…), vous influencez-vous entre vous ? Vous considérez-vous comme les « parrains » de cette scène ?
Cette résurgence du rock psychédélique est magnifique et j’espère que ce n’est que le début et que ce phénomène continuera à s’amplifier. Je ne nous vois pas forcément comme les « parrains » de cette scène. Des groupes comme le Brian Jonestown MassacreBlack Rebel Motorcycle ClubThe Warlocks ou Clinic, pour ne citer qu’eux, remplissent plus ce rôle selon moi.
The+Black+Angels+blackangels1
Revenons-en à votre musique : vos deux premiers albums étaient dans la même veine psyché-drone, le troisième plus court et influencé par les premiers albums des Beatles et des Beach Boys. Quelle direction musicale avez-vous privilégié cette fois-ci avec l’album à venir ? Travaillez-vous toujours avec le label Blue Horizon et avec un producteur ou retournez-vous à un processus de production simplifié comme à vos débuts ?
Oui, nous avons rempilé pour un album de plus avec Blue Horizon, et nous avons décidé de faire appel au producteur John Congleton. Le nouvel album devrait sortir en avril 2013. C’est une version plus mature de Passover, notre premier. Encore une fois, c’est difficile de décrire avec des mots le son de cet album.
Cette année se tient la sixième édition de votre festival, l’Austin Psych Fest, avec unline up assez impressionnant (BRMC, Deerhunter, Clinic…). Qu’attendez-vous de l’APF cette année ?
Recevoir tous nos groupes préférés pour un week-end, chez nous à Austin, c’est incroyable. On vit un rêve éveillé. D’autant plus que c’est la première fois qu’on organise le festival en extérieur, dans un immense champ, donc on a vraiment hâte. On attend plus de 5000 personnes ! Le festival a passé un vrai cap cette année, et je pense que c’est en partie dû à la résurgence de la scène rock psychédélique dont tu parlais.
Vous semblez assez proche du groupe psychédélique français Wall of Death, avec qui vous êtes partis en tournée et que vous soutenez beaucoup. Comment les avez-vous rencontrés ? Suivez-vous toujours leur évolution ?
C’est lors d’un de nos concerts à Bruxelles en 2010, alors qu’ils faisaient notre première partie, que nous les avons découverts. On a été séduit par leur son tout autant que leurs personnalités et on leur a donc proposé de tourner avec nous en Europe en 2011 et on les a invités à l’Austin Psych Fest  en 2011 et 2012. Ils seront d’ailleurs de retour pour notre festival en 2013.
Je suis tombé sur cette citation du compositeur minimaliste américain LaMonte Young qui m’a beaucoup fait penser à vous : « One of the aspects of form that I have been very interested in is stasis – the concept of form which is not so directional in time, not so much climactic form, but rather form which allows time, to stand still ».Qu’en pensez-vous ?
Je ne connais pas bien son œuvre mais je m’identifie assez bien à cette citation : je peux apprécier une chanson de trois minutes des Zombies tout autant qu’un jamdrone de dix-sept minutes des Spacemen 3. Tout dépend de l’humeur dans laquelle je suis en fait.
Dernière question : les artworks de vos trois premiers albums sont très ancrés dans une esthétique psychédélique, vintage, assez fascinante visuellement. Qui les a dessinés ? Avez-vous déjà une idée de l’identité visuelle du nouvel album ?
Eh bien… C’est moi qui ai dessiné les pochettes ! À vrai dire, avant de faire cette interview j’étais en train de travailler sur celle du prochain album. Mais pas d’indices, c’est une surprise. Allez, je retourne à mes dessins (rires).

Line Up :
Stéphanie Bailey
Christian Bland
Kyle Hunt
Alex Maas
Nate Ryan
Adam Demtri
Label :
Blue Horizon Records
Tracklist :
Indigo Meadow
Evil Things
Don't Play with Guns
Holland
The Day
Love Me Forever
Always Maybe
War on Holiday
Broken Soldier
I Hear Colors (Chromaesthesia)
Twisted Light
You're Mine
Black Isn't Black



dimanche 24 mars 2013

Album de la Semaine : Thee Oh Sees - Floating Coffin


Thee Oh Sees


Floating Coffin



Interview de John Dwyer de Thee Oh Sees, par Evan Minsker de Pitchfork




5-10-15-20 is where we talk to artists about the music they loved at five-year intervals throughout their lives. This time, we talk to 37-year-old Thee Oh Sees frontman John Dwyer. The San Francisco band's new album, Putrifiers IIis out on September 11 via In the Red. Listen along to Dwyer's picks with this Spotify playlist.
"Donald Duck the Milkman"

My parents were raised in the hippie era and they always had a record collection and a player. My earliest memory of anything is a Playskool record player with the big wide plastic arm and the indestructible needle on it. I had a ton of those crazy little 45s that were yellow or red: "Donald Duck the Milkman", "Scarecrow Speaks", Mighty Mouse, Superman. I had those records up until I was a teenager, but they were all burned up in a fire. I still buy kids' records from the 1950s or 60s at yard sales when I see them. I was also totally obsessed with this [toy robot cassette player] when I was a kid called 2-XL. It had a song from Dracula that went, [sings] "Come a little closer, let me squeeze you tight, let me kiss your neck until I start to bite."
Van HalenDiver Down

This was right around the time MTV began, so I started to watch videos. I was obsessed with butt rock as a kid. I would go to roller skating rinks and listen to a lot of big rock'n'roll from the 70s and early-80s like Van Halen and Def Leppard, or even hair metal like Whitesnake. It was before I developed any true artistic leanings to my taste. I was big into this one rollerskating rink, USA Skates, in Providence, Rhode Island; that's where I kissed my first girl, got punched in the face for the first time, and saw older kids smoking weed for the first time. A lot of developmental moments went down at that place. 
AC/DCHighway to Hell

I was just about to crack into high school, waiting on driving, discovering drugs for the first time, pinching weed off my parents, getting interested in girls. I went to a school that was so far away from my buddies that I had to ride my bike 10 miles on the side of the highway to hang out with them. When I visit my folks now, I'm in disbelief that I rode my fucking bicycle on the side of the highway 10 miles-- stoned-- as a kid. 
By then, I had discovered AC/DC-- they were first ones that made me realize that it was not a far cry for me to potentially play music. AC/DC is really powerful, man. It moved me. It was strong, it was simple. It was just really easy to understand. It had balls. It was something special. There was a cassette shop near my parents' house that was run by this weird 20-something couple, and I went out and bought everything. It's funny, I started listening to those records again in the past couple of years-- I'll find the LPs somewhere cheap and buy them-- and they still kick ass. I've been to AC/DC Alley in Melbourne. It still holds a little candle for me.

I was living in a house with a bunch of other fuck-ups and had started playing music a little bit, like jamming. I worked in a sandwich shop where you're supposed be rude to the customers-- I ended up getting fired for being too rude. I painted houses. I worked as an assistant to this totally crazy 50-year-old woman who was a philosophy professor at Brown University. I sold acid. It was a point of my life where everything was fairly drug-centric. 
I learned about Krautrock and became obsessed with Can and Neu! and Gong. I had a big music-collector friend who was 10 years older than me who opened my horizons drastically. I basically owe anything I have now to him. Can would probably the first band I ever heard where I was like, "What the fuck is this?" I had already been into Pink Floyd, but I started really digging deeper at that age. Basically, we would take acid and my friend would be like, "Check this out." My brain was melted by this band that I didn't even understand and maybe didn't even sound good to me the first time I heard it. But I had to listen to it over and over again to wrap my head around it.

By then I had become a bit of a record nerd, so I was getting into contemporaries and people that were less huge. I'd come to San Francisco, and there were bands here that were kicking ass, like the Deep Throats. I started leaning more local. It was like a Renaissance time in San Francisco for me; I'd been here for about two years and was painting houses and I was starting to go out and see my friends' bands, like this guy Extreme Elvis, who lives in L.A. now.
It's basically an Elvis cover band-- but also mixed with GG Allin-- that were fantastic. They would get banned from every place that they played at. Phenomenal. In fact, you should go online and YouTube Extreme Elvis because it's fucking hilarious. I was at this show once where I had to call 911 because he broke a bottle on someone's face-- he wouldn't break character to tell me if it was a real deal or not, and then the dude stood up and it was a sugar bottle. But the dude's girlfriend was slapping him in the face and screaming, like melting down. It was a really intense show. That band was so intense that every other band "Elvis" did after that never came close.
The last time I saw him, he was in L.A., and he gave me his business card-- it was like a little picture of a kid with a rubber cowboy hat with a penis on top of it. He's doing fetish wear for toddlers. I was like, "What the fuck is wrong with you, man?" He's like, "This shit is selling like hot cakes! People are creepy, man." He's a true cretin, lunatic, and artist.
Sun Ra: "Interplanetary Music"

I had met Ty Segall by this point, he was really young then, like 19. I was considering starting up the label, [Castle Face]. I was in Coachwhips and flying back and forth between New York, and touring constantly-- but not as hard as I tour now.
I have a huge record collection, but around 30 I was starting to get into jazz and branching out more. Learning about Sun Ra, Ornette Coleman, Jack DeJohnette, Miles Davis, Hugh Masekela, African music, and music that was totally magical and alien to me, like soul. [Sun Ra] is perfect for anyone who is interested in anything twisted because the dude was possibly the most twisted of the bunch. He's even odd for jazz people. My favorite is "Interplanetary Music" [from We Travel the Space Ways]. That record is fantastic. That's probably my favorite era of his; it's still semi-traditional jazz but totally psychedelic and beautifully recorded. Really strange and live sounding. A lot of singing. It's before he went truly synthesizer and dark.
Los Dug Dug's: Smog

By then, I managed to get the label rolling a little bit and do enough shows and have cheap enough rent that I didn't have to work a job anymore, which was basically what I wanted my whole life. It took me 35 years to get there, but I was able to make art for a living. I'm pretty grateful for that.
I started to do record collector-ly stuff, buying reissues of things like George Brigman, fuzz rock stuff, and blown out, freaky Japanese stuff like Flower Travellin' Band. Noel von Harmonson, who's in Sic Alps and Comets on Fire, was making me mix CDs with a lot of South American psych that was really killer. He turned me onto this band from Mexico City, Los Dug Dug's, which is completely out of control; Smog is the great one to listen to if someone's going to get into that band. It's completely far-out, heavy psych-rock from the 70s. I heard that the main guy split from the band and went and took acid in the mountains and wrote that record while he was up in the mountains by himself. [laughs] He came back and taught it to the band, and it is by far their biggest triumph.

Line Up :
John Dwyer
Brigid Dawson
Petey Dammit
Mike Shoun
Lars Finberg
Label :
Castle Face Records
Tracklist :
  1. I Come From the Mountain - 4:30
  2. Toe Cutter – Thumb Buster - 3:32
  3. Floating Coffin - 2:21
  4. No Spell - 4:28
  5. Strawberries 1 + 2 - 5:47
  6. Maze Fancier - 3:16
  7. Night Crawler - 4:12
  8. Sweet Helicopter - 2:45
  9. Tunnel Time - 4:09
  10. Minotaur - 4:53




dimanche 17 mars 2013

Archive de la Semaine : Depeche Mode - Ultra (1997)

Ultra est le neuvième album du quatuor de Basildon, devenu trio avec le départ d'Alan Wilder qui réactive son projet Recoil (de 1986) la même année. La production est assumée par Tim Simenon du collectif Bomb the Bass.
L'album est enregistré dans les studios d'Abbey Road à Londres et mixé et fignolé à New-York dans les studios Electric Ladyland... tout sur papier pour en faire un classique instantané. Il sort le 14 avril 1997.



Le propos est sombre, les balades et quelques triphoperies servent de vecteur idéal pour la force, une fois de plus, des compositions de Martin Gore. La production de Simenon apporte une caresse plus groovy sur l'ensemble des titres. Un soin particulier est apporté à l'image qui accompagne cette sortie, tant dans le livret de l'album avec à nouveau de superbes clichés d'Anton Corbijn que dans les clips. En 1997, le monde de la musique se consomme encore sur du solide, du tangible, du plastique aussi. La vraie force de cet album repose sur le titre d'ouverture « Barrel of a gun », un classique instantané, puissant, rock, dur et sombre. Il laisse présager une douce folie, après les abus du Song of Faith and Devotion précédent. Très vite, la griffe Bomb the Bass va s'accrocher partout, on échappe au dérapage formaté par la force des compositions (vraiment à son affaire Martin Gore) et l'utilisation d'une instrumentation riche. Ultra est probablement, l'album le plus orchestré du combo.



Véritable Who's who de l'intelligensia rock, on retrouve à la basse Doug Wimbish de Living Colour, Keith Leblanc, batteur au sein de Little Axe (Wimbish est à la basse), Jaki Liebezeit de Can, BJ Cole un guitariste anglais qui a joué e.a avec T-Rex, Bjork et Syd Barrett (!) et Dave Clayton (ABC – Look of Love!) qui assure les claviers et dont le chemin a croisé ceux de Simply Red, Bob Marley, Sinead O'Connor, U2, INXS, Marc Almond ou encore Robbie Williams. Les arrangements, notamment sur le sublime « Home » sont vraiment marquants.


"Barrel of Gun"
Au final, Ultra, est l'album studio rêvé pour DM, un contre-pied non fait aux années 101 et au Rock Show de la tournée précédente. Malgré ses qualités, l'album est un cran en dessous de l'intouchable Violator. Au fil des écoutes, on baigne dans un confort favorable mais le désir d'être heurté par l'enthousiasmant « Barrel of Gun » s'estompe pour un penchant appuyé sur une musique d'ambiance, une musique de l'air du temps. Un album de rédemption.


Tracklist : Barrel of a gun - The love thieves - Home - It's no good - Uslink - Useless - Sister of night - Jazz thieves- Freestate - The bottom line - Insight - Junior Painkiller (plage cachée)